mercredi 18 septembre 2019

Dans les temps d’Achoura en Iran

Achoura à Khorramabad entre hospitalité et hostilité
En images par Youness Miloudi : « le photographe pèlerin »

©Youness Miloudi

L’Iran suscite la curiosité : c’est un pays qui attise autour de sa civilisation et de sa culture l’admiration chez certaines personnes et le scepticisme chez d’autres. De par son aspect mystérieux ou mal connu, l’Iran attire de plus en plus de voyageurs, voire d’explorateurs avisés en quête de découvrir ce pays par eux-mêmes sans préjugés ni stéréotypes et Youness Miloudi en fait probablement parti.
Tout est parti d’une rencontre d’un couple de jeunes iraniens lors de la COP22 à Marrakech. Quelques semaines après Youness Miloudi se rend en Iran chez ses nouveaux amis. Après ce premier séjour, il va rentrer complétement dérouté à cause du décalage entre l’image sombre véhiculé de l’Iran et la bonté de son peuple. 
Il décide alors de s’y rendre plusieurs fois entre 2017 et 2018, afin de sillonner une partie du pays avant d’entamer un travail intime qui explore son rapport avec l’Iran.
Qu’en est t-il de la société iranienne et de son évolution dans le monde contemporain ? 
A travers le projet The Iranians, il tente de répondre à cette question en images, un projet au long cours qui documente et témoigne de la diversité culturelle d’une société en pleine mutation, un regard personnel sur cette culture sous sa forme la plus quotidienne.

Achoura - Khorramabad


©Youness Miloudi

Le deuil est le mot qui peut résumer la cérémonie d’Achoura à Khorramabad en Iran. En effet, en regardant de plus près le travail de ce photographe d’origine marocaine ayant séjourné en Iran, il n’est pas difficile de constater que ce sont des célébrations spéciales, voire uniques en leur genre. 
D’ailleurs, ce photographe « pèlerin » nous apprend que ce sont des célébrations spécifiques uniquement à cette ville iranienne et qu’on ne retrouvera pas dans le reste du pays.
Il est à rappeler qu’Achoura est une fête célébrée dans tout le monde musulman de différente manière dans chaque pays. Si au Maroc, Achoura à un caractère sunnite et à vocation de nos jours de divertir davantage les femmes et les enfants, Achoura est une fête chiite en Iran pour commémorer notamment le massacre de l’imam Hussein (petit-fils du prophète Mohamed) avec une période de deuil allant jusqu’à 40 jours. 
La particularité d’Achoura en Iran réside également dans le fait qu’il y a deux jours importants : Tassoua pour le premier jour et Achoura pour le deuxième qui correspondent respectivement au 9ème et 10ème jour du 1er mois du calendrier musulman (Muharram).
Tassoua est une journée de jeûne, célébrée à travers « le matin de l’imam Hussein » tout en allumant 40 bougies à l’entrée de 40 maisons par des femmes au visage voilé, vêtues de noir et aux pieds nus en menant une sorte de marche du silence. 
Si le matin se déroule ainsi, les femmes se dévoilent après le visage et rompent le jeûne le soir. Quant à Achoura, ce sont les hommes surtout qui couvrent leurs têtes, voire tout leurs corps avec de la boue ce jour-là. La boue ou la terre ayant aussi une connotation à la mort, rappelle le verset coranique « Nous sommes de la terre et nous y reviendrons »…

©Youness Miloudi

Dans les temps d’Achoura en Iran